Qui succèdera à Mohamed Yargui ? : 8e Festival du film amazigh à Sétif
8e festival du film amazigh qui devient, aux dires des initiés, mature, se met à quelques heures de la clôture à l’heure des pronostics.
La succession de Mohamed Targui qui a décroché l’année dernière l’Olivier d’or avec une fiction Ad-bin Tafrat, est plus que jamais d’actualité. Les spéculations et les avis des observateurs vont à ce sujet bon train. Interrogé sur la question, un organisateur qui met en exergue la réussite de l’événement ayant drainé la foule, dit en substance : « Tous les films projetés ont suscité l’intérêt d’un public avide d’œuvres cinématographiques d’un certain niveau.
La qualité des productions réalisées par des professionnels ne facilite pas la tâche ni au jury ni aux observateurs de départager aussi facilement les films en compétition. » Même s’ils sont du même avis, des critiques, des hommes et femmes de cinéma, estiment que des produits comme La maison jaune, de Amor Hakkar, Mimezrane de Ali Mouzaoui, Arezki l’indigène, des longs métrages réalisés dans le cadre de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe, sont bien partis pour décrocher le grand sésame.
La distinction d’un des trois films marocains n’est pas à écarter. Dans le registre des documentaires, l’œuvre H’nifa, le portrait d’une diva de la chanson kabyle, retient l’attention des uns et des autres. Tout comme ça tourne à Alger, de Aggar Salim, et Syfax, de Mokrane Aït Saâda. Dégageant une certaine sobriété et une forte expression intérieure, Amor-Hakkar (La maison jaune), Aït Belkacem (Arezki l’indigène), Ourdia ould Taleb et Hamza Iguer (Mimerzane) et Céline Mauge, sont, à l’instar d’autres acteurs, partants pour l’Olivier d’or devant consacrer les meilleures interprétations masculines et féminines.
Notons par ailleurs que la journée d’hier a été marquée par un important programme suisse. Les cinéphiles ont été, à cet effet, conviés aux projections des œuvres de Nacer Bakhti Aux frontières de la nuit, Vincent Pluss, On dirait le sud et Dominique Othenin Girard qui raconte le parcours du fondateur de la Croix-Rouge, Henri Dunant, ayant faut-il le rappeler, vécu durant un certain temps à Aïn Arnat, localité située à 7 km de… Sétif où a été d’ailleurs tournée un partie du film précité. « La participation suisse s’articule autour de deux axes.
Le premier consiste à donner un panorama sur le cinéma helvétique, en mettant notamment l’accent sur la jeunesse et les Suisses d’origine étrangère. La prise en charge des ateliers de formation au métier du cinéma est la vocation du deuxième axe. Ce volet est confié à des professionnels, assurant la formation des jeunes Algériens, appelés à réaliser au cours du présent stage 5 courts métrages », dira Tahar Houchi, le fondateur du festival du film oriental de Genève, l’autre partenaire du festival amazigh. Notre interlocuteur précisera que l’acteur Jean Luc Bideau et l’autre ami de l’Algérie, André Gazut, le célèbre réalisateur de Pacification en Algérie ont, à l’instar des 13 autres Helvétiques fait le déplacement…
Kamel Beniaiche
Source : El Watan du 13 janvier 2008
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Le commissariat du festival consacrera trois hommages à trois femmes ayant marqué le cinéma d’expression amazighe et rehaussé le prestige du 7ème art algérien dans sa diversité linguistique et artistique. Il s’agit de : BACHENE Djamila connue sous le nom artistique DJAMILA, OUBACHIR Hadjira et de AMZAL Djamila.
Le Jury est constitué d’hommes de cinéma et de culture de divers horizons ; il sera composé de :
- MOUZAOUI Ali, président - KOUIDER Amin - KADA Kader - El Djouher Amhis - Nedim Gürsel - Fetmouche Omar -Jean-Paul Garcia
La programmation de l’édition 2009 comporte plusieurs nouveautés, outre la tenue de tables rondes thématiques spécialisées animées par des compétences reconnues, un hommage particulier sera rendu à des femmes comédiennes sur deux générations ayant marqué le cinéma algérien d’expression amazighe.
L’objectif essentiel du festival du film amazigh est de présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique.
Il se veut aussi le reflet des expressions nationales dans leur diversité de mosaïque et le signe visible de notre attachement à toutes les expressions qui composent notre personnalité, notre mémoire et notre histoire.
Je suis heureuse que cette dimension de notre identité soit portée dans le 7ème art algérien, comme preuve de nos efforts à tous à protéger ce qui nous est commun et précieux ; notre itinéraire à travers les âges, l’emprunte de nos aïeux et leur apport à la culture de l’humanité et du monde.
C’est pourquoi mon département ministériel a toujours soutenu et apporté son appui à l’organisation de cette manifestation, soucieux de sa pérennité et de son renforcement.
L’Algérie est un pays où la diversité culturelle n’est pas un slogan ni un mot creux. La langue amazighe, langue nationale qui a acquis une place importante dans la littérature algérienne, dans la musique, occupe aujourd’hui le champ du cinéma.
Je suis fière que le festival soit un moyen de l’ancrer davantage dans cet art car une langue s’épanouit mieux lorsqu’elle est véhiculée par les expressions de la modernité. Tout comme la littérature, le théâtre ou la chanson, le film participe aussi à la promotion de tamazight.
Le film amazigh est désormais une réalité de notre paysage cinématographique. Je suis convaincue de son rayonnement futur et lui souhaite beaucoup de succès.