En apothéose ! : Clôture de la 8e édition du Festival du film amazigh
Le Festival du film amazigh dans sa 8e édition, tenu dans la ville de Sétif, capitale des Hauts-Plateaux a pris fin avant-hier soir, vers 23h30. Plus la fin approchait, plus le suspense, avec son chapelet de commentaires, grandissait.
La cérémonie de clôture s’est tenue en présence des autorités de la wilaya de Sétif (wali, P/APW...), des représentants du ministère de la Culture, du directeur de l’ENTV, ainsi que de représentants des ambassades de France, de Suisse et du Maroc. “L’aventure fut grandiose”, de l’avis de tous ceux que nous avons interrogé : qualité et quantité des œuvres, un staff au parcours et compétences avérées, une affluence nombreuse du public sétifiens, des invités encadreurs de marque pour les cinq ateliers tenus, etc.
21 films ont concouru pour les différents prix, 56 films ont été projetés hors compétition. L’Olivier d’or du court métrage d’une valeur de 200 000 DA a été attribué au film Eclipse totale de Yacine Mohamed Ben El Hadj, 8 mn, 2007 ; Résumé : un amnésique remonte ses souvenirs par jeu d’association jusqu’à celui tant recherché et qui se révèle être un faux souvenir. Le prix mention spéciale du jury du film documentaire, d’une même valeur que le précédent, a été décerné au film 10 ans déjà ! d’Amokrane Mohamed Meriche (2007, 40 mn).
L’Olivier d’or du film documentaire, toujours d’une même valeur est revenu au film Hnifa, une vie brûlée de Ramdane Iftini et Sami Allaam (2007, 52 mn).
Le prix de l’interprétation masculine, d’une valeur de 150 000 DA est remporté par Aït Ali Ben Salem, dans le rôle principal d’Arezki L’bachir dans le film réalisé par Dj. Bendedouche. Le prix spécial du jury long métrage, estimé à 300 000 DA, a été attribué au film Mimezrane, la fille aux tresses d’Ali Mouzaoui (90 mn, 2007). Enfin, le très convoité de tous les prétendants, l’Olivier d’or du long métrage évalué, lui, à 400 000DA, est revenu au film Squelette du jeune Marocain, 29 ans, Yacine Fennane (1h 25m, 2007), ainsi donc, le suspensé s’est estompé, la fièvre redescendue. L’émotion, la joie ont pris le relais jusqu’à l’affolement parfait notamment chez les lauréats.
Le jury, dont certains membres ont dû quitter Aïn El Fouara plus tôt que prévu pour des raisons professionnelles, le staff qui a contribué, à la réussite au festival n’a pas caché sa joie d’avoir mené la barque à bon port. Belkacem Hadjadj, président du jury dira “je suis surpris par la qualité professionnelle des œuvres présentés. Mais aussi, par la richesse et la diversité des thèmes traités”. Cependant, il précisera que “le Festival a souffert de son succès, de la manière brutale de son ascension”.
Ce qui est vrai : malgré le dévouement total des organisateurs, quelques fausses notes ont été enregistrées, vu qu’un public nombreux affluait vers la Maison de la culture de Sétif qui, par ailleurs, s’est avérée trop exiguë pour contenir et abriter un tel événement.
Par ailleurs, M. Assad, commissaire du Festival, dans son allocution, a souligné que l’événement a signé l’acte de création du cinéclub de même que la relance des salles de cinéma dans la wilaya de Sétif. Il a annoncé “sous réserve de la ministre de la Culture, Khalida Toumi, la 9e édition du Festival du film amazigh se tiendra à Sidi Bel-Abbès et verra la compétition élargie à d’autres pays”.
Les organisateurs, les lauréats des différents prix et le public étaient aux anges. Ce dernier (public) scandait : “Imazighe, imazighen...” à en perdre le souffle au début de la séance.
Notons, en outre, que le nouveau prix : Meilleur scénario pour jeunes introduit pour cette 8e édition est revenu à Abdelmadjid pour Le tapis traditionnel et Aksil imoula dans Ifif (kif kif), après que quatre des six projets présentés aient été disqualifiés par le jury. Les deux jeunes, qui ne devraient pas dépasser 25 ans à la date de la tenue du Festival de Cannes (France) seront invités, selon le représentant de l’ambassade de France.
Enfin, un cadeau : une fresque offerte par Hamsi Boubekeur du musée de Bruxelles a été remis à la représentante du ministère de la Culture. Une plaque de reconnaissance a été décerné à Rafaël et Rachid Bouksin, représentants respectivement des délégations suisse et marocaine.
Toutefois, il est à préciser que le prix Interprétation du meilleur rôle féminin n’a pu être décerné par le jury. Envoyé spécial à Sétif : Ahmed Kessi
Source : La Dépêche de Kabylie du 15 janvier 2008
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Le commissariat du festival consacrera trois hommages à trois femmes ayant marqué le cinéma d’expression amazighe et rehaussé le prestige du 7ème art algérien dans sa diversité linguistique et artistique. Il s’agit de : BACHENE Djamila connue sous le nom artistique DJAMILA, OUBACHIR Hadjira et de AMZAL Djamila.
Le Jury est constitué d’hommes de cinéma et de culture de divers horizons ; il sera composé de :
- MOUZAOUI Ali, président - KOUIDER Amin - KADA Kader - El Djouher Amhis - Nedim Gürsel - Fetmouche Omar -Jean-Paul Garcia
La programmation de l’édition 2009 comporte plusieurs nouveautés, outre la tenue de tables rondes thématiques spécialisées animées par des compétences reconnues, un hommage particulier sera rendu à des femmes comédiennes sur deux générations ayant marqué le cinéma algérien d’expression amazighe.
L’objectif essentiel du festival du film amazigh est de présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique.
Il se veut aussi le reflet des expressions nationales dans leur diversité de mosaïque et le signe visible de notre attachement à toutes les expressions qui composent notre personnalité, notre mémoire et notre histoire.
Je suis heureuse que cette dimension de notre identité soit portée dans le 7ème art algérien, comme preuve de nos efforts à tous à protéger ce qui nous est commun et précieux ; notre itinéraire à travers les âges, l’emprunte de nos aïeux et leur apport à la culture de l’humanité et du monde.
C’est pourquoi mon département ministériel a toujours soutenu et apporté son appui à l’organisation de cette manifestation, soucieux de sa pérennité et de son renforcement.
L’Algérie est un pays où la diversité culturelle n’est pas un slogan ni un mot creux. La langue amazighe, langue nationale qui a acquis une place importante dans la littérature algérienne, dans la musique, occupe aujourd’hui le champ du cinéma.
Je suis fière que le festival soit un moyen de l’ancrer davantage dans cet art car une langue s’épanouit mieux lorsqu’elle est véhiculée par les expressions de la modernité. Tout comme la littérature, le théâtre ou la chanson, le film participe aussi à la promotion de tamazight.
Le film amazigh est désormais une réalité de notre paysage cinématographique. Je suis convaincue de son rayonnement futur et lui souhaite beaucoup de succès.