8e édition du Festival du film amazigh : Engouement du public sétifien
La 1re journée du Festival du film amazigh, édition de Sétif, a permis à un public très nombreux d’apprécier nombre d’œuvres cinématographiques dont Syfax, un documentaire historique de Mokrane Aït Saâda qui retrace la vie du roi qui a régné sur la Numidie occidentale 213 et 202 avant J.- C., Squelette, de Yacine Fenane et Tisslatin n oughanim (Poupées de roseau), des fictions marocaines.
Sétif : De notre bureau
Dans la sélection « clap-Asaru », les cinéphiles venus de tous les coins du pays, d’Alger, de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de Batna, de Annaba, de Khenchela, du Maroc et de Suisse ont pu visionner les œuvres de jeunes réalisateurs algériens et des documentaires comme ça tourne à Alger, de Aggar Salim qui fait découvrir le parcours de quatre cinéastes algériens durant la décennie noire et surtout le drame du cinéma algérien confronté au terrorisme et à la bureaucratie.
Tin Hinan de Ali Lacheb et d’autres fictions telles, Eclipse totale, de Yacine Mohamed Benelhadj et Le quotidien des automates, de Raoui Abdelghani. « Nous ignorons ce qui se passe dans notre pays. Ces films que nous venons de voir sont faits par des Algériens et nous autres Algériens, nous ignorons que cela se passe chez nous. Le Festival du film amazigh permet aux Algériens de reprendre contact avec leur culture et aussi de ressusciter le cinéma algérien », dira Salim, un cinéphile passionné.
« Nous venons du nord de la wilaya, nous vivons dans des régions enclavées, le Festival du film amazigh est pour nous une occasion de nous redécouvrir », explique une étudiante de l’université de Sétif. « Cela fait des années que nous n’avons pas vu un film sur grand écran à Sétif. Nos enfants ignorent ce qu’est le plaisir d’aller dans une salle de projection. Ce festival est la meilleure des choses qu’on pouvait offrir au public sétifien », ajoutera Yacine un autre passionné du 7e art. En parallèle, le cinéma suisse n’était pas en reste, trois films programmés : Aux frontières de la nuit , de Nasser Bakhti, Mon frère se marie, de Jean Stéphane Bron et On dirait le Sud, de Vincent Pluss, ont permis à un public longtemps sevré de cinéma, de renouer avec le grand écran et les salles obscures.
Le cinéma helvétique assez méconnu du public algérien n’a pas déçu. « Je ne connaissais pas le cinéma suisse, mais les films que je viens de voir me donnent envie de le connaître encore plus », dira un jeune étudiant. Des débats sur les dispositifs d’aide et de développement de l’écriture des scénarios a été l’occasion pour les cinéastes de se retrouver et de débattre à cœur ouvert de la situation du 7e art en Algérie. Comment redorer le blason du cinéma au pays qui a obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes en 1975 ?
Nabil Lalmi
Source : El Watan du 12 janvier 2008
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Le commissariat du festival consacrera trois hommages à trois femmes ayant marqué le cinéma d’expression amazighe et rehaussé le prestige du 7ème art algérien dans sa diversité linguistique et artistique. Il s’agit de : BACHENE Djamila connue sous le nom artistique DJAMILA, OUBACHIR Hadjira et de AMZAL Djamila.
Le Jury est constitué d’hommes de cinéma et de culture de divers horizons ; il sera composé de :
- MOUZAOUI Ali, président - KOUIDER Amin - KADA Kader - El Djouher Amhis - Nedim Gürsel - Fetmouche Omar -Jean-Paul Garcia
La programmation de l’édition 2009 comporte plusieurs nouveautés, outre la tenue de tables rondes thématiques spécialisées animées par des compétences reconnues, un hommage particulier sera rendu à des femmes comédiennes sur deux générations ayant marqué le cinéma algérien d’expression amazighe.
L’objectif essentiel du festival du film amazigh est de présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique.
Il se veut aussi le reflet des expressions nationales dans leur diversité de mosaïque et le signe visible de notre attachement à toutes les expressions qui composent notre personnalité, notre mémoire et notre histoire.
Je suis heureuse que cette dimension de notre identité soit portée dans le 7ème art algérien, comme preuve de nos efforts à tous à protéger ce qui nous est commun et précieux ; notre itinéraire à travers les âges, l’emprunte de nos aïeux et leur apport à la culture de l’humanité et du monde.
C’est pourquoi mon département ministériel a toujours soutenu et apporté son appui à l’organisation de cette manifestation, soucieux de sa pérennité et de son renforcement.
L’Algérie est un pays où la diversité culturelle n’est pas un slogan ni un mot creux. La langue amazighe, langue nationale qui a acquis une place importante dans la littérature algérienne, dans la musique, occupe aujourd’hui le champ du cinéma.
Je suis fière que le festival soit un moyen de l’ancrer davantage dans cet art car une langue s’épanouit mieux lorsqu’elle est véhiculée par les expressions de la modernité. Tout comme la littérature, le théâtre ou la chanson, le film participe aussi à la promotion de tamazight.
Le film amazigh est désormais une réalité de notre paysage cinématographique. Je suis convaincue de son rayonnement futur et lui souhaite beaucoup de succès.