En compétition Julia, film français aux dialogues 100 % anglais
La 58e Berlinale a découvert samedi Julia le premier des trois films français en compétition pour l’ours d’or, tourné par Erick Zonca en anglais, aux Etats-Unis et au Mexique. Il brosse le portrait d’une femme en pleine dérive alcoolique, qui en vient à enlever un enfant.
Après avoir accueilli des musiciens de légende, les Rolling Stones et Neil Young venus présenter des documentaires en marge de la compétition, le festival (du 7 au 17 février) a réservé un accueil chaleureux à la fresque épique de Paul Thomas Anderson There will be Blood, huit fois sélectionnée aux oscars.
Samedi, trois fictions en lice pour l’ours d’or ont été dévoilées à la Berlinale : Lake Tahoe du Mexicain Fernando Eimbcke, Gardens of the Night du Britannique Damian Harris, et le deuxième film du Français Erick Zonca, Juli. Ce film, qui dure deux heures et vingt minutes, plonge sans détour dans une vie qui se désagrège : celle d’une femme mûre qui fuit la réalité dans l’alcool.
Enragée contre son patron, ses compagnons des «alcooliques anonymes» et la vie en général, Julia s’enivre jusqu’à en perdre conscience et échoue dans les bras d’inconnus qui l’abandonnent, défaite et vulnérable, au petit matin. Julia est le deuxième film signé par Zonca dix ans après la Vie rêvée des anges, qui a valu aux comédiennes Natacha Régnier et Elodie Bouchez le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes.
La Britannique Tilda Swinton porte le film de bout en bout avec un jeu très brut, à fleur d’émotion, qui rappelle celui de Gena Rowlands chez l’Américain John Cassavetes que Zonca révère. Une référence proclamée jusque dans le titre : Julia fait écho à Gloria signé par Cassavetes en 1980, dont il s’inspire.
Il démarre comme une comédie dramatique, mais fait place au thriller lorsque son héroïne décide d’enlever un enfant de neuf ans pour empocher une rançon qui, croit-elle, lui permettra de repartir à zéro. La virée se transforme assez rapidement en descente aux enfers.
Seule la fin laisse entrevoir une lueur d’espoir dans un univers assez sombre. Les deux autres films français en lice pour l’ours d’or sont Lady Jane, un polar signé par Robert Guédiguian, dévoilé mercredi, et Il y a longtemps que je t’aime de Philippe Claudel, projeté le lendemain.
Mais la Berlinale a découvert aussi samedi l’éprouvant Gardens of the Night, qui relate l’enlèvement d’une petite fille de huit ans par deux pédophiles. Séquestrée, violée, filmée nue et prostituée, la fillette subit une manipulation psychologique quotidienne de la part de l’un des deux hommes, qui se fait appeler «Oncle» et lui assure que ses parents l’ont abandonnée.
Très éprouvant pendant la première demi-heure –nombre de spectateurs sont sortis de la salle pendant la projection de presse –, Gardens of the Night traite avec délicatesse ce sujet très difficile. Après deux ans d’enquête à travers les Etats-Unis sur les enfants «volés», le Britannique Damian Harris a expliqué à la presse avoir voulu reconstituer le puzzle de ces vies détruites, après avoir appris que 300 000 enfants se prostituent aux Etats-Unis.
Pour préserver ses petits comédiens, il ne leur a pas révélé la véritable teneur de l’histoire, a indiqué le cinéaste. En compétition samedi, aussi, Lake Tahoe, deuxième long métrage du Mexicain Fernando Eimbcke après le remarqué Temporada de Patos (2005), campe sur un mode intimiste mêlant pudeur et humour, et relatant la douleur d’un adolescent déboussolé par la mort de son père.
Le jeune homme percute un arbre en voiture. En quête de pièces pour la réparer, il rencontre des personnages interlopes. Chacun gère à sa manière sa solitude, dans le décor dépouillé d’une petite ville mexicaine où le temps semble figé.
AFP
Derniers articles
Une équipe réduite du staff du Festival Culturel National Annuel Film Amazigh, à sa tête M. Si El Hachemi Assad, a effectué le mois dernier une visite d’inspection à Sidi Bel Abbes afin de s’assurer de la bonne adéquation des lieux pour la...
Rencontré en marge du festival de la chanson kabyle qui s’est tenu au centre culturel de Béjaïa, Hachemi Assad a bien voulu répondre à nos questions.La Dépêche de Kabylie : Le festival de la chanson kabyle, organisé du 1 au 6 novembre...
Une volonté qui servira à apporter des réflexions entre chercheurs et artistes autour de l’analyse des productions musicales amazighes depuis les temps les plus reculés. «Regards croisés», tel est le thème du colloque sur la chanson kabyle qui se tiendra dimanche et lundi prochains à la maison de la Culture de la wilaya de Béjaïa. Selon les organisateurs, cette initiative servira à apporter des réflexions entre chercheurs et artistes autour de l’analyse des productions musicales amazighes depuis les temps les plus reculés.
"Regards croisés sur la chanson kabyle" organisé dans le cadre de la convention de partenariat et d'échange entre le Festival Culturel Local de la Chanson et de la Musique Kabyles de Béjaïa (FCLCMK)et le Festival Culturel National Annuel du Film Amazigh...
Ce colloque entend amorcer une réflexion sur ce vaste sujet qu’est la chanson kabyle et poursuit deux objectifs généraux : défricher un champ d’étude qui s’étend sur plusieurs siècles de création/recréation pour le...
La télévision algérienne s’ouvre aux jeunes talents
A l’occasion de la célébration du 46e anniversaire du recouvrement de la souveraineté, le 28 octobre, sur la télévision algérienne, le premier salon de l’audiovisuel est organisé depuis le 23 du mois courant à Riadh El Feth. Cette manifestation a pour objectif de mettre en contact les professionnels de l’audiovisuel avec leur public et d’échanger l’expérience entre eux, selon Aziz Kourta, représentant de la direction commerciale.
Le festival culturel national annuel du film amazigh (FCNAFA) sera l’hôte de la capitale de la Mekerra, Sidi Bel Abès, du lundi 12 au Jeudi 15 janvier 2009. La participation est ouverte à tous les cinéastes Algériens et étrangers ayant en commun la thématique définie par la ligne artistique du festival (voir notre site web).
La 9éme édition du Festival Culturel National Annuel du Film Amazigh (FCNAFA) aura lieu du Lundi 12 au Jeudi 5 Janvier 2009 à Sidi Bel Abbés.
1- Les objectifs du Festival sont :
a)La promotion du cinéma Algérien d’expression amazigh et l’encouragement de la création artistique dans cette langue. b) Sensibiliser le public au cinéma et à l'audiovisuel dans sa diversité ; c) Donner aux créateurs la possibilité de mieux faire connaître leurs oeuvres en assurant la promotion et la diffusion des films en version originale; d) Etre un lieu de rencontre privilégié des cinématographies et de la culture Algérienne au pluriel ; e) L’enrichissement du produit culturel et artistique et sa diffusion en Algérie et à l’étranger ; f) La création d’un cadre d’échange, d’expériences, d’expertises entre artistes, créateurs, opérateurs culturels Algériens et étrangers.
L’objectif essentiel du festival du film amazigh est de présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique.
Il se veut aussi le reflet des expressions nationales dans leur diversité de mosaïque et le signe visible de notre attachement à toutes les expressions qui composent notre personnalité, notre mémoire et notre histoire.
Je suis heureuse que cette dimension de notre identité soit portée dans le 7ème art algérien, comme preuve de nos efforts à tous à protéger ce qui nous est commun et précieux ; notre itinéraire à travers les âges, l’empreinte de nos aïeux et leur apport à la culture de l’humanité et du monde.
C’est pourquoi mon département ministériel a toujours soutenu et apporté son appui à l’organisation de cette manifestation, soucieux de sa pérennité et de son renforcement.
Une convention de partenariat et d’échange vient d'être signée à Bejaïa, entre le Festival du Film Amazigh et le Festival de la Musique et de la Chanson Kabyles. Les commissaires des deux grandes manifestations, M. Si EL Hachemi Assad et M. Ahmed Aici se sont mis d’accord pour une collaboration efficiente qui s’inscrit dans les objectifs et lignes artistiques des deux festivals institutionnalisés par le Ministère de la Culture.