AccueilAnciennes éditions2008 Avant-première. Arezki l’insoumis, film de Djamel Bendeddouche : Le temps du désespoir et de la révo
Avant-première. Arezki l’insoumis, film de Djamel Bendeddouche : Le temps du désespoir et de la révo
Nul besoin de présenter Djamel Bendeddouche, cinéaste nourri d’une parfaite maîtrise de son métier, puisqu’il filme et enseigne le cinéma. Cette histoire qu’il nous raconte dans une fresque saisissante, qui réconcilie à la fois un travail historique rigoureux et une épopée populaire admirablement filmée, nous plonge dans la Kabylie de la fin du XIXe siècle.
C’était le temps de la dépossession des terres. C’est une histoire qui se confond profondément avec l’histoire de l’Algérie et des soulèvements contre la politique coloniale. La beauté des images de ce film, le grain intérieur et extérieur de la lumière éclairent et magnifient presque, par contraste, la situation pourtant extrêmement dure des populations des montagnes que la politique coloniale de Napoléon III entendait ruiner, déposséder de leur terre et de leur bétail, réduire à la misère noire en les obligeant en plus à payer des impôts exorbitants.
Ecrasés sous le poids de la répression, les villageois se révoltent sous la conduite d’Arezki, un enfant du pays. Un « Che » avant la lettre. On doit mettre à l’intelligent crédit de Djamel Bendeddouche d’avoir choisi de travailler sur un scénario fidèle à l’histoire et d’éviter les impostures : rien d’étonnant à cette époque-là pour qu’un homme révolté garde son amitié aux Français « libéraux », aux indigénophiles très présents en Kabylie, jusqu’à aller dans une église pour prendre part au baptème d’un bébé, dont il est le parrain, (il s’engage de ce fait à protéger cet enfant français, si ses parents venaient à disparaître). Rien d’étonnant non plus à ce qu’une jeune Algérienne, au cours d’un repas, prenne aussi un verre de vin rouge...
Le cinéma algérien a vainement attendu tous les projets annoncés sur l’Emir Abdelkader et sur El Mokrani. Voici une œuvre qui comptera désormais comme un solide témoignage sur une époque historique. Djamel Bendeddouche, qui ressemble de plus en plus à Orson Welles physiquement : même dégaine, même air mélancolique, apparaît aussi dans son film dans le rôle d’un colon rallié à la cause, embedded... Un libéral qui s’oppose à l’hystérie colonialiste. Une jeune femme journaliste, à la Isabelle Eberhardt, écrit chapitre après chapitre la chronique de la révolte qui gronde.
Dans un torrent de violence, l’injustice faite aux Algériens lui éclate à la figure : elle tente de persuader son rédacteur en chef de publier son témoignage sur les faits paroxystiques qui se passent sous ses yeux. Le film historique n’est pas un genre facile à faire. On a pourtant vu récemment le brillant travail de Ken Loach sur l’Irlande dans Le Vent se lève.Et celui très brillant aussi de Rachid Bouchareb sur la guerre mondiale dans Indigènes. Le film de Djamel Bendeddouche illustre à son tour la richesse des possibilités du cinéma pour se pencher sur l’histoire.
Azzedine Mabrouki
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La télévision algérienne s’ouvre aux jeunes talents
A l’occasion de la célébration du 46e anniversaire du recouvrement de la souveraineté, le 28 octobre, sur la télévision algérienne, le premier salon de l’audiovisuel est organisé depuis le 23 du mois courant à Riadh El Feth. Cette manifestation a pour objectif de mettre en contact les professionnels de l’audiovisuel avec leur public et d’échanger l’expérience entre eux, selon Aziz Kourta, représentant de la direction commerciale.
Le festival culturel national annuel du film amazigh (FCNAFA) sera l’hôte de la capitale de la Mekerra, Sidi Bel Abès, du lundi 12 au Jeudi 15 janvier 2009. La participation est ouverte à tous les cinéastes Algériens et étrangers ayant en commun la thématique définie par la ligne artistique du festival (voir notre site web).
La 9éme édition du Festival Culturel National Annuel du Film Amazigh (FCNAFA) aura lieu du Lundi 12 au Jeudi 5 Janvier 2009 à Sidi Bel Abbés.
1- Les objectifs du Festival sont :
a)La promotion du cinéma Algérien d’expression amazigh et l’encouragement de la création artistique dans cette langue. b) Sensibiliser le public au cinéma et à l'audiovisuel dans sa diversité ; c) Donner aux créateurs la possibilité de mieux faire connaître leurs oeuvres en assurant la promotion et la diffusion des films en version originale; d) Etre un lieu de rencontre privilégié des cinématographies et de la culture Algérienne au pluriel ; e) L’enrichissement du produit culturel et artistique et sa diffusion en Algérie et à l’étranger ; f) La création d’un cadre d’échange, d’expériences, d’expertises entre artistes, créateurs, opérateurs culturels Algériens et étrangers.
L’objectif essentiel du festival du film amazigh est de présenter la production filmique nationale et internationale sous une optique culturelle, artistique et sociologique.
Il se veut aussi le reflet des expressions nationales dans leur diversité de mosaïque et le signe visible de notre attachement à toutes les expressions qui composent notre personnalité, notre mémoire et notre histoire.
Je suis heureuse que cette dimension de notre identité soit portée dans le 7ème art algérien, comme preuve de nos efforts à tous à protéger ce qui nous est commun et précieux ; notre itinéraire à travers les âges, l’empreinte de nos aïeux et leur apport à la culture de l’humanité et du monde.
C’est pourquoi mon département ministériel a toujours soutenu et apporté son appui à l’organisation de cette manifestation, soucieux de sa pérennité et de son renforcement.
Une convention de partenariat et d’échange vient d'être signée à Bejaïa, entre le Festival du Film Amazigh et le Festival de la Musique et de la Chanson Kabyles. Les commissaires des deux grandes manifestations, M. Si EL Hachemi Assad et M. Ahmed Aici se sont mis d’accord pour une collaboration efficiente qui s’inscrit dans les objectifs et lignes artistiques des deux festivals institutionnalisés par le Ministère de la Culture.