Contre toute attente, c’est Squelette, un film en langue chleuh (Maroc) de Yacine Fennane, qui a décroché l’Olivier d’or du long métrage, d’une valeur de 400 000 DA. L’heureux gagnant lui-même ne s’attendait pas à être classé premier du lot par le jury. «Franchement, je ne m’attendais pas à ce prix, d’ailleurs c’est une première pour moi. Je suis venu dans le but de présenter mon long métrage aux Algériens, voilà qu’il est bien apprécié et primé, ça me fait chaud au cœur, je suis très content», nous a déclaré Yacine Fennane à chaud, juste après avoir reçu son trophée.
C’est dans une atmosphère à la fois pleine de joie et de suspense que s’est déroulée la cérémonie de remise des prix aux meilleurs lauréats de ce festival dans une salle archicomble à la quelle ont pris part les autorités locales, des personnalités artistiques, la presse nationale et internationale, et autres cinéphiles, que le commissaire du festival, Assad Si El Hachimi, a déclaré : « Grâce au succès de cette édition, l’escale de Sétif constitue désormais l’acte de naissance du cinéma amazigh », en annonçant solennellement que la ville de Sidi Bel-Abbès accueillera la 9e édition en janvier 2009.
Par contre, chose inexplicable, Khalida Toumi, ministre de la Culture, a brillé par son absence, elle n’a pas jugé utile de faire son déplacement à Sétif, (tout comme l’année précédente à Tlemcen), c’est son chef de cabinet, Zehira Yahi, qu’elle a dépêché pour prendre part à cette cérémonie de clôture. Dans ce festival, 21 films (longs métrages, courts métrages et documentaires) étaient en compétition, 56 autres en hors compétition, dont des films marocains et suisses, en plus des ateliers de formation encadrés par des professionnels suisses du septième art et un colloque intitulé Image et Histoire animé par des personnalités de renommée dont Ali Haroun, Mme Louisa Ighil Ahriz, Mohamed Bensalah, Hassan Rémaoun, Gilles Manceron (historien français).
Avant l’annonce des résultats, le cinéaste Belkacem Hadjadj, président du jury international, prend la parole devant l’assistance pour expliquer que dans tous les festivals de ce genre, il y a des gagnants et des déçus, et que son équipe a eu du pain sur la planche pour arriver à primer les meilleures œuvres car, avoue-t-il, « les films présentés en compétition sont de qualité et de facture professionnelles ».
Sept prix devaient être attribués par le jury, à savoir Olivier d’or du long métrage, Olivier d’or du film documentaire, Olivier d’or du court métrage, prix spécial jury du long métrage, mention spéciale au film documentaire, prix d’interprétation masculine et prix d’interprétation féminine — ce dernier n’a pu être attribué car le jury semble ne pas avoir trouvé les critères recherchés dans ce rôle féminin.
A noter aussi que, pour la première fois, il y a eu la sélection de deux projets de meilleurs scénarios en marge de la compétition sur les six présentés à une commission de lecture mise sur pied à cette occasion. Les deux projets de scénarios choisis sont Le tapis traditionnel de Abdelmadjid Djebou et If,Ifde Aksil Imoula. Deux bourses de participation de 15 jours au Festival de Cannes sont offertes à ces deux heureux gagnants. C’est ainsi que le rideau tombe sur la 8e édition de Sétif et ses promoteurs annoncent déjà la prochaine à Sidi Bel- Abbès. Rendez-vous dans une année.
M. S. Bel
Source : Le Soir d'Algérie du 19 janvier 2008 |