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Une compétition serrée pour cinq Oliviers d'Or : RETOUR SUR LA 8e ÉDITION DU FESTIVAL DU CINÉMA AMAZ Version imprimable
Placée sous le haut patronage du président de la République, la 8e édition du Festival du film amazigh, qui a ouvert ses portes à la maison de la culture Houari-Boumediène de Sétif, du 9 au 13 janvier, s’est distinguée des précédentes éditions par la qualité des films en compétition pour les 5 Oliviers d’or d’un montant de 50 millions de centimes chacun et qui seront décernés aux cinq meilleures œuvres : meilleur film fiction, meilleur documentaire, meilleur jeune cinéaste et meilleure interprétation masculine et féminine.

Placé sous le slogan «Pour une Algérie riche de sa diversité», l’organisation de cet événement a coûté à ses promoteurs la bagatelle de 700 millions de centimes. Si la première journée a été quelque peu éclipsée par la présence de la star de la chanson yal music, Takfarinas, invité pour parrainer l’événement et qui a attiré la curiosité des journalistes, ce dernier s’est éclipsé lui-même le lendemain matin en laissant ses fans et la presse sur leur faim. Ce dernier a été juste invité à dire quelques mots à l’ouverture officielle devant une salle archicomble qui scandait «anwa wigui d’Imazighen».

La présence de Takfarinas dans ce festival est vue par certains comme un « coup de pub » pour la star qui ne s’est pas produite en Algérie depuis plusieurs années. Côté organisationnel, contrairement à la précédente édition de Tlemcen, celle qui se déroule actuellement dans la ville de Sétif est marquée par des dysfonctionnements et failles déplorables de la part du comité d’organisation qui semble être débordé : non-respect du timing, déprogrammation et autres failles concernant l’hébergement et la prise en charge des participants.

Côté films projetés, la présence dans la compétition des films de qualité et qui sont l’œuvre de professionnels notoires donne à cette 8e édition un « tournant historique du cinéma amazigh à Sétif », comme l’a souligné le commissaire du festival, Si El Hachimi Assad, dans son discours d’ouverture. Parmi ces films : Mimezrane ou la Fille à la tresse de Ali Mouzaoui (fiction, 1h 30mn, Algérie, 2007), Arezki l’indigène de Djamal Bendedouche (fiction, 1h20mn, Algérie, 2007), la Maison jaune de Amor Hakkar (fiction, 1h 20mn, Algérie, 2007), les Arêtes du cœur de Hicham Ayouch (fiction, 1h 25mn, Maroc, 2006), Tislatin ughanim ou les Poupées en roseaux (fiction, 12mn, Maroc 2007), Hnifa, une vie brûlée de Ramdane Iftini (documentaire, 52mn, Algérie, 2007), Sifax de Mokrane Aït Saâda (documentaire, 52 mn, Algérie 2007)...

La présence des films marocains dans cette édition est fort remarquable avec ses neuf productions entre fictions et documentaires. Le cinéma suisse, partenaire du festival du film amazigh dans cette 8e édition, a honoré, lui aussi, les cinéphiles sétifiens avec la projection de pas moins de cinq films de qualité irréprochable et la présence de personnalités du cinéma mondial à l’instar de Jean-Luc Bideau (membre du jury du festival), André Gazut (formateur et encadreur), Véronique Bonnet, Rafael Wolf (réalisateur-cinéaste), etc.

Il y a lieu de souligner aussi la projection en ouverture du festival du film de Brahim Tsaki (hors compétition) intitulé Ayrouwen, une fiction de 80mn qui raconte une histoire d’amour entre Amayas, un Targui, et Claude, jeune adolescente venue d’Europe en touriste qu’il a connue dans le grand désert de Djanet. Cette histoire pleine de passion entre les deux est perturbée par un ancien chagrin qui provient d’une première histoire d’amour entre Amayas et Mina, que le destin a empêché de se marier car Mina et Amayas ont été allaités au même sein au cours de leur enfance et donc un mariage interdit dans la tradition targuie.

A noter aussi la présence dans ce festival de quelques films documentaires qui nous semble ne pas convenir à cette manifestation dont l’objectif principal est de «promouvoir le cinéma d’expression amazigh et l’encouragement de la création artistique dans cette langue». Qui aura donc l’honneur de décrocher l’un des cinq Oliviers d’or ?

La tâche ne sera pas aisée pour les membres du jury international présidé par Belkacem Hadjadj — réalisateur, acteur, producteur et auteur, notamment du long métrage en tamazight Machahou— et composé de personnalités mondialement connues dans le 7e art : Jean-Jacques Bernard (France), journaliste, réalisateur et président du Syndicat français de la critique de cinéma ; Denise Brahimi, universitaire, écrivain et critique ; Ould Braham Ouahmi, berbérisant et docteur en sciences du langage ; Djilali Biskri, spécialiste de l’image 3D ; Jean-Luc Bideau (Suisse) ; Aidouni Hamid, professeur à l’université des lettres de Térouan (Maroc) ; Abdou Eliman, linguiste. Nous y reviendrons.

M. S. Bel

Source : Le Soir d'Algérie du 15 janvier 2008
 

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